Mode & environnement

La mode est la 2e industrie la plus polluante au monde… Juste derrière l’industrie pétrolière ! Si les marques de luxe sont pointées du doigt pour leur usage abondant de plastique, les marques de prêt-à-porter qui misent tout leur modèle économique sur la fast fashion ne sont pas en reste. En effet, ces marques poussent à l’achat d’impulsion en supprimant un certain pourcentage de leur collection toutes les semaines, pour un renouvellement complet au bout d’un mois. Un mois : le temps que met l’empire espagnol pour produire une collection, du dessin à sa mise en rayon. Une course au renouvellement perpétuel. Rythme qui ne concerne pas que les géants du prêt-à-porter puisque Chanel en est à 10 collections par an entre les pré-collections, les collections, les croisières ect…

La fast fashion : les dérives d’une politique de rendement

Il est difficile de concilier une politique de rendement intense et une éthique de la mode. Pas moins de 80 milliards de vêtements sont fabriqués dans le monde chaque année, et plus de 700 tonnes de vêtements sont consommées en France annuellement. D’après la Banque Mondiale, l’industrie de la mode est responsable à elle seule de 20% de la pollution des océans. Mais les dommages environnementaux ne sont pas les seuls : avec plus de 75 millions d’employés dans ce secteur, les droits sociaux bafoués et le travail infantile sont à souligner. L'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 a ému le monde en mettant en lumière les conditions plus que précaires des travailleurs, pour être aussitôt oublié dès la prochaine collection mise en rayon.

Le slow wear, une alternative à ces dérives

On estime qu’environ 70% de notre garde-robe dort dans nos placards. Les vêtements sont tout autant gaspillés que la nourriture. On entend de plus en plus parler de minimalisme et de tendance zéro déchets qui envahit nos cuisines : et si l’on s’y essayait dans nos dressings ? Des marques telles que Ekyog, komodo, People Tree ou encore Spharell proposent des vêtements faits en tissus de qualité, en matières exclusivement bio, comme le coton organique, les fibres de bambou. En effet, contrairement au lin et au chanvre, le coton a d’importants besoins en eau et une irrigation massive. Les plants de cotons reçoivent également de grandes quantités de pesticides, d’herbicides et d’engrais. La culture du coton consomme d’ailleurs 25% des pesticides et 10% des engrais utilisés dans le monde, polluant les sols et multipliant le nombre de cas de cancers chez les agriculteurs. Ces nouvelles marques engagées se liguent donc contre la fast fashion pour proposer des vêtements de qualité. L’idée est donc de consommer moins pour consommer mieux.

Les pièces intemporelles, une manière de lutter contre l’appel général au renouvellement

Avec des vêtements intemporels tels que le pantalon noir, la chemise blanche, le jean et la veste de tailleur qui peuvent se porter avec tout style de tenues. On peut s’amuser à mélanger les pièces pour créer de nouvelles tenues et profiter plus longtemps de ses vêtements. Il est plus judicieux d’opter pour des classiques que vous prendrez plaisir à reporter à l’envie plutôt que des pièces de mauvaise qualité, mal coupées, qui se démoderont dans les semaines à venir.